Mesdames, Mesdemoiselles, Mes Yeux <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>
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Veuillez excuser le style déficient de cette missive, mais je crois que je deviens fou... Je la vois se trémousser là-haut, tout là-haut ! Elle danse sur les nuages, les nuages accablés qui gémissent et pleurent. Les nuages ! Gris, noirs, bleus... Leurs larmes dargent aux reflets gémissants se mêlent aux miennes qui se meurent, je hurle et menvolerais bien vers leurs cieux languissants. For ever.
<o:p> I</o:p>l me reste seulement un de ses cheveux blonds sur la langue, ainsi quune feuille de jasmin, sur laquelle elle a écrit « faux rêveur ». Vacillant, je lai glissée dans un dictionnaire, mais les mâchoires au papier spongieux, de versos et rectos assoiffés de souffrance, pompent sa substance au goût délicieux.<o:p></o:p>
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Peu à peu défraîchit son vert des jours heureux; sa sève orpheline en une vapeur folle sévapore vers les cieux vaporeux, tel le pourpre et le sang de mon cur qui saffole. Et je meurs sur un lit dhôpital où les draps blancs me semblent enfin noirs. Dix années mauront été nécessaires afin dobtenir cette couleur libératrice.<o:p></o:p>
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Cependant, en lhommage de mon ange libidineux, jose vous demander de publier mes poèmes, même s'ils puent des pieds; telle est lultime supplique dun mourant amoureux.
Pablo Picasso
