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    Mesdames, Mesdemoiselles, Mes Yeux…<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

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            Veuillez excuser le style déficient de cette missive, mais je crois que je deviens fou... Je la vois se trémousser là-haut, tout là-haut ! Elle danse sur les nuages, les nuages accablés qui gémissent et pleurent. Les nuages ! Gris, noirs, bleus... Leurs larmes d’argent aux reflets gémissants se mêlent aux miennes qui se meurent,  je hurle et m’envolerais bien vers leurs cieux languissants. For ever.

     

    <o:p> I</o:p>l me reste seulement un de ses cheveux blonds sur la langue, ainsi qu’une feuille de jasmin, sur laquelle elle a écrit « faux rêveur ». Vacillant, je l’ai glissée dans un dictionnaire, mais les mâchoires au papier spongieux, de versos et rectos assoiffés de souffrance, pompent sa substance au goût délicieux.<o:p></o:p>

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     Peu à peu défraîchit son vert des jours heureux; sa sève orpheline en une vapeur folle s’évapore vers les cieux vaporeux, tel le pourpre et le sang de mon cœur qui s’affole. Et je meurs sur un lit d’hôpital où les draps blancs me semblent enfin noirs. Dix années m’auront été nécessaires afin d’obtenir cette couleur libératrice.<o:p></o:p>

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    Cependant, en l’hommage de mon ange libidineux, j’ose vous demander de publier mes poèmes, même s'ils puent des pieds; telle est l’ultime supplique d’un mourant amoureux.

     

     

    Pablo Picasso

     

     

     

     

     

             

     

                           Dimitri Defrain : La femme qui pleure (1937)
     
     

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